Que peut-on bien faire à un stand des vocations aux JMJ de Madrid ?

ou « une certaine manière de parler vocation. »

Catherine vient de vous évoquer le contexte général du stand des vocations de la CEF aux JMJ de Madrid. Pour éviter des répétitions, j’ai choisi de vous livrer la manière dont je me suis impliqué personnellement dans ce lieu.

Tout d’abord je dois dire que j’ai toujours quelques résistances lorsqu’il s’agit d’aborder la question de la vocation en dehors d’une relation qui s’inscrit dans une durée et une écoute attentive de l’autre. D’ailleurs plusieurs jeunes m’ont eux-mêmes parlé de la peur qu’ils ressentaient à se saisir de cette question, que ce soit en raison de la peur de faire le mauvais choix ou de la peur de manquer de liberté. En les écoutant, il s’est avéré que cette question était souvent formulée de la manière suivante : je ne sais pas si je suis fait(e) pour être religieux(e) ou prêtre et, dans ce cas, « condamné » à renoncer au mariage ?

Heureusement, grâce au fait d’être tombé aphone dès le second jour, j’ai eu du temps pour réfléchir davantage à la posture que j’allais adopter devant la diversité des attentes des jeunes qui passaient par notre stand. Finalement j’ai décidé de leur proposer quelques moyens pour les aider à oser aborder la question de leur vocation d’une manière plus paisible et ouverte sur leur liberté. Voici ma démarche.

Lorsqu’une personne ou un groupe venait vers le stand, après un temps de présentation mutuelle, je me permettais de leur soumettre quatre questions auxquelles nous cherchions à répondre.

Voici les deux premières :

Que serait pour vous la vocation humaine, ou la vocation de tout homme, en général ?

D’un point de vue chrétien comment formuleriez-vous cette vocation humaine ?

Après un petit temps de discussion, je leur proposais la formulation suivante : « La vocation première et fondamentale de tout homme serait de s’accomplir pleinement à travers le service des autres et d’accéder ainsi à son bonheur. »

Puis, pour la seconde question, d’un point de vue chrétien, la vocation première serait de « suivre Jésus-Christ, fonder sa vie sur lui, à travers le service des autres. » C’est en quelque sorte le plus grand des commandements. Voilà donc une manière d’exprimer quelque chose de la fin de l’homme : fonder sa vie sur le Christ par le service et l’amour du prochain.

A partir de là, je me risquais à leur poser une troisième question : sous quelles formes de vie l’Eglise et le monde me proposent-ils de vivre cette fin ?

Bien souvent leur première réponse était « la vie religieuse » (pour les plus « cathos »). Mais au fur et à mesure de la discussion ils découvraient que ça pouvait aussi bien passer par le mariage et la vie de famille.

La vocation n’était donc plus simplement un état de vie imposé de l’extérieur, mais un chemin, à choisir en liberté, parmi plusieurs de même valeur qui m’étaient présentés. Je n’étais donc plus « fait pour me marier » ou « fait pour être religieux » ou « fait pour être prêtre », mais j’étais appelé à exercer ma liberté pour choisir une de ces voies.

Mais comment choisir ? En me mettant à l’écoute du désir profond qui m’habite, désir qui est la marque (ou l’appel) de Dieu en chacun de nous. Une écoute dans la durée, à vivre dans la prière, l’accompagnement, le service et un jour, l’audace d’une décision.

J’avoue que ma démarche n’était pas forcément la plus simple. J’espère néanmoins que les regards interpelés que je percevais parfois étaient le signe d’une croissance en liberté face à cette question difficile de la vocation.

Yves Stoesel s.j.

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