Le porte-voix de la vie religieuse en France (La Croix 3-12-08)

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Il n’a pas encore de grands projets en tête, mais depuis longtemps une solide conviction : celle de l’importance des liens fraternels créés par la vie religieuse. Frère Nicolas Capelle, 66 ans, provincial des frères des écoles chrétiennes, a peut-être pour cela, été élu premier président de la conférence des religieux et religieuses de France (CORREF). Le choix du conseil s’est orienté vers un homme franc et cordial, proche des réalités du terrain. « On ne dira jamais assez l’importance des communautés religieuses de quelques femmes vieillissantes dans les quartiers, souligne-t-il avec conviction. Aucun curé ne remplacera jamais ce type de présence au plus près des gens. »

La vie religieuse, Nicolas Capelle est tombé dedans presque tout petit. Après une scolarité dans un internat de sa congrégation, il entre chez les frères « naturellement  » à 18 ans. Il étudie les lettres puis partage le charisme de sa congrégation, l’éducation et enseigne dans différentes écoles en banlieue parisienne. En 1974, il s’installe avec quelques frères dans un quartier difficile de Garges-les-Gonesse (Seine-Saint Denis). « On ne voulait pas créer d’institution. On avait dit : on vit avec les gens ! point !  » raconte-t-il. C’était compter sans les jeunes qui, très vite, réclameront une structure adaptée à leurs difficultés. Il fonde alors l’école Oscar Romero qu’il dirigera pendant cinq ans. Des fonctions plus institutionnelles vont ensuite l’éloigner des salles de classe. Chargé du réseau éducatif de sa congrégation, il travaille au passage de relais entre frères et laïcs, puis à la coordination du réseau éducatif international lassalien. En 2005 il est élu provincial des 630 frères français.

Avec la CORREF , Nicolas Capelle espère donner une voix à la vie religieuse dans la société mais aussi dans l’Eglise. « Certains évêques ne pensent qu’aux vocations sacerdotales et ne voient pas bien ce que la vie religieuse apostolique peut apporter », regrette-t-il tout en espérant les convaincre qu’elle est « irremplaçable », « même si elle partage la mission éducative ou sociale avec l’Etat  ». il veillera aussi à une bonne collaboration avec les laïcs, dans l’esprit de sa congrégation qui réfléchit à un changement de statut pour mieux les associer. « Quand je relis mon itinéraire, je me vois toujours à la jointure des choses et dans une phase de fondation », confie-t-il. Honorer ses racines, sans craindre d’aborder de nouveaux lieux : c’est comme cela qu’il envisage l’avenir de la vie religieuse en France.

Elodie Maurot

 

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