Homélie du dimanche 29 avril 2012 – Messe télévisée à la chapelle du Christ-Médiateur, des religieuses de l’Assomption (Paris 16ème)

Homélie du dimanche 29 avril 2012 – Messe télévisée à la chapelle du Christ-Médiateur, des religieuses de l’Assomption (Paris 16ème) organisée par la CORREF et le Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations

 

Prédicateur : Antoine Paumard, sj

 

Bon Pasteur : ces deux mots évoquent immanquablement en nous des images.

C’est le Bon Pasteur, debout, qui porte la brebis sur ses épaules. C’est aussi celui qui va la serrer tout contre lui et la porter près de son cœur. Dans un cas comme dans l’autre, on imagine qu’il sent son corps tout tremblant, et en partage l’odeur. Il se dessine alors une grande proximité. Et Saint Jean nous dit bien que le Bon Pasteur est proche de sa brebis : elle « compte vraiment pour lui ». Il appelle chacune par son nom… Ces images font ressortir combien l’attention et la sollicitude instaurent une connivence entre le Bon Pasteur et la brebis.

Proximité, aussi, lorsque l’Evangile nous fait entendre que le Bon Pasteur donne sa vie en toute liberté pour toutes les brebis et même pour celles qui font partie d’autres bergeries.

Et connivence encore, lorsqu’il explique le Bon Pasteur connait les brebis et leur fait confiance au point de savoir que toutes le connaîtront… Elles s’exclameront avec lui : « comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés » (1Jn 3, 1-2). Car le Bon Pasteur donne sa vie pour révéler que son cœur bat au rythme de celui du Père, qui aime les brebis sans condition, gratuitement.

C’est Jésus, qui est le Bon Pasteur, mais il en appelle d’autres à le devenir. C’est comme cela qu’il invitera Pierre : « sois le berger de mon troupeau ». Le Fils prend le risque d’envoyer Pierre auprès de son peuple. Le Fils envoie Pierre comme le Père l’a lui-même envoyé. Pierre est appelé lui aussi à se donner, à donner sa vie, non pour se glorifier mais pour témoigner à son tour de l’amour du Père pour lui. Dans la première lecture, quand Pierre proclame : « c’est grâce à [Jésus] que cet homme se trouve là devant vous, guéri » (Ac 4, 8-12), de qui parle-t-il vraiment. Bien sûr, il s’agit de l’infirme à présent guéri. Mais ne s’agit-il pas aussi de Pierre lui-même ? Cet homme est aussi bien l’infirme guéri que Pierre lui-même. Lui, Pierre, qui au cœur même de son reniement et de sa fuite, fera l’expérience de l’amour du Fils, le Christ Jésus dont il est le disciple. Le Christ Jésus, Bon Pasteur, par qui il a reçu le pardon de Dieu. Le Bon Pasteur qui l’a fait entrer dans la connivence qu’il a avec le Père.

Frères et sœurs, cette expérience d’être aimé, pardonné par Dieu, c’est précisément l’expérience fondatrice de toute vie consacrée. Elle ouvre le désir de répondre à l’appel de Jésus. Nous qui nous découvrons « enfants de Dieu », comme le dit Saint Jean (1 Jn 3, 1-2), voilà que cette expérience de l’amour de Dieu et de son pardon nous met en route pour devenir des « petits pasteurs ». Filles et Fils d’un même Père dans la vie consacrée, nous qui, nous rassemblons aujourd’hui pour cette journée de prière pour les vocations, Jésus nous appelle à une proximité fraternelle. Au-delà des esprits de clocher, l’amour de Dieu nous met en communion les uns avec les autres pour travailler à un unique peuple. Jésus nous appelle à témoigner de cet amour large, gratuit et sans condition. Il nous invite à vivre dans un rapport confiant au monde, car un jour, tous, nous le connaîtrons.

Oui, voilà le désir un peu fou que porte la vie consacrée avoir au cœur la connivence de Père et du Fils et la vivre dans le monde pour la partager.

Amen
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