Edito de Chemins, le journal de la FEDEAR

Fédération d’équipes apostoliques de religieuses

Regarde tous les possibles

La presse, souvent réputée être négative, nous aide aussi à prendre conscience de la créativité des personnes lorsqu’elles sont convaincues que nous sommes tous frères en humanité. Ainsi le 10ème anniversaire des événements du 11 septembre a donné l’occasion de découvrir des « possibles » qui ont surgi d’un acte terroriste ignoble aux multiples facettes. Des personnes ont pris leur destin en main, ont vécu la résilience et la pardon. D’autres se sont résolument engagés dans une voie ouverte vers la paix. Ainsi, cette mère, juive et protestante ; ce musulman de culture égyptienne a organisé des rencontres dans des cafés pour mieux faire connaître l’islam qu’il vit ; cette femme, prêtre de l’église épiscopalienne, a mis en place des tables rondes dans des quartiers de New York pour encourager les gens à s’exprimer et mieux se comprendre… (cf. Pèlerin du 8 septembre 2011).

A travers tout ce qui opprime l’homme quelque chose de neuf peut surgir. Et comme l’exprime Elena Lasida dans « Le goût de l’autre », là où l’inhumain atteint l’inimaginable, les signes d’humanité révèlent avec une force inouïe le plus précieux de l’humain… Comme si dans l’extrême fragilité l’essentiel de la vie arrivait à émerger et à se dire.

En parlant des hommes et des femmes « de maïs » du Sud-Est mexicain elle relate, qu’au lieu de notre traditionnel « ça va ? » ils demandent « comment va ton regard ? » parce qu’ils savent bien que la couleur et la lumière que prennent les choses extérieures dépendent de l’humeur de la personne qui les regarde.

Alors, comme va votre regard ? Est-il ouvert à l’inattendu pour percevoir ce qui germe déjà, pour voir fleurir le champ de tous les possibles ? « Voici que moi, je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? » (Is. 43, 19).

Ce neuf qui bourgeonne, craque, se déchire, cette vie qui émerge de l’aridité, ces « possibles » qui renaissent de la cendre jalonnent les pages de ce « Chemins » : c’est la solidarité qui s’organise dans le quartier de Nantes ravagé par l’incendie, c’est le cercle du silence qui fait retentir sa voix au-delà des mots et des cris, ce sont ces jeunes agriculteurs qui reviennent à la terre, qui établissent des relations par leur commerce et favorisent le lien producteur-consommateur, c’est la marche œcuménique à l’aube de Pâques, ce sont les Sœurs qui ont quitté soit leur pays, soit leurs engagements, soit leur communauté et lieu de vie pour un nouveau vivre-ensemble interculturel et intergénérationnel.

Engagé(e)s avec le Christ à traverser la mort pour choisir la Vie, restons guetteurs de lumière et d’avenir, découvrons avec d’autres de nouveaux chemins pour habiter ce monde !

Marie-Adèle Rosar, Présidente
Providence de Saint-André

(octobre 2011)

© CORREF. Réalisation spyrit.net