22ème Congrès du Service européen des vocations

Du 30 juin au 3 juillet 2011 se tenait à Horn (Autriche)

Ce temps de réflexion et de partage des pratiques, dans la joie de la fraternité, a été aussi une occasion privilégiée pour mieux être à l’écoute de Dieu, qui continue d’appeler dans la situation culturelle de nos sociétés, et pour mieux accompagner cet appel. Les prises de parole ont permis des échanges bien ancrés dans la réalité afin que chacun puisse avancer dans la manière de proposer l’Evangile et la vocation. « Nous étions dans un dialogue avec le monde », affirme Paule Zellitch, par ailleurs vice-coordinatrice du Service européen des vocations.

Parmi les personnalités présentes, Mgr Rino Fisichella (Rome), Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de la nouvelle évangélisation, a insisté sur la notion de liberté et de choix soulignant que la vocation est appel à la liberté, une liberté qui est un chemin, qui se reçoit comme un don et se construit au fur et à mesure que le désir de donner sens à sa vie prend une forme concrète.

Dans une telle perspective, « La vocation [est] un choix responsable, qui engage l’existence vers un horizon nouveau, celui de la vie selon l’Esprit, dans la vérité et la charité … Il ne s’agit plus d’un simple effort pour trouver la vérité ni pour conquérir la liberté : le domaine de l’Ethique, quelle que soit toute la valeur qu’il porte, n’est pas l’horizon ultime vers lequel l’Homme puisse tendre… La liberté a toujours été comprise par les auteurs néotestamentaires comme la force rédemptrice qui anime l’homme lorsqu’il reçoit en lui la vie de Dieu… C’est cette vie qui le rend libre et lui permet de participer à la liberté de Dieu. C’est dans la mesure où il reste dans cette vie qu’il perçoit comment vivre son existence de façon totalement libre. La liberté et la vie sont donc intimement liées… ».

Ces notions de liberté et de choix qui marquent la culture de nos sociétés sont des réalités sociologiques qui appellent une pastorale renouvelée.

Mgr Jean-Louis Bruguès, Secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, à qui il avait été demandé de s’exprimer sur la théologie de la vocation sacerdotale, a rappelé à partir de la vocation de Samuel (1 S3), que « l’aventure de la vocation ne se joue pas à deux – moi et mon Dieu – mais à trois... il nous faut rappeler qu’il a plu à Dieu de faire de la sainteté personnelle une aventure collective. A cette aventure communautaire, nous donnons le nom d’Eglise ».

S’appuyant sur le texte de Samuel, appelé par son nom, il a souligné que « la vocation n’est pas … un appel qui viendrait de l’extérieur de nous et nous resterait étranger à nous-mêmes » mais que le premier critère d’une vocation s’enracine dans la connaissance de soi-même. C’est là « que l’on découvre progressivement que notre manière de vivre notre baptême passe obligatoirement par tel choix de vie. Notre caractère, notre tempérament, nos aspirations… nos rêves, en un mot notre personnalité, sont les indices du premier discernement…. En faisant un choix définitif, Il (celui qui ne se connaît pas) engagerait en réalité un autre que lui-même… ».

Pour la première fois, des ateliers sur les pratiques de communication adaptables aux différents pays européens étaient proposés afin d’inviter à penser des stratégies en matière de communication, par opposition à des opérations ponctuelles et isolées. « Cela revient moins cher et permet d’atteindre différents types de publics : les personnes  concernées par les vocations spécifiques mais aussi leur entourage et la société en général », analyse Paule Zellitch, convaincue qu’il est crucial que la figure du prêtre ou du religieux ne disparaisse pas du « champ mental ».

Dans le cadre de ces ateliers sur les stratégies de communication en matière de campagne pour les vocations, un professionnel de la communication, Frédéric Fonfroide de Lafon (de Bayard Service Web), est intervenu pour attirer l’attention des participants sur le fait que « … Nous sommes passés d’une société de transmission à une société de communication où l’information part du récepteur… de l’univers dans lequel (il) évolue… ». A titre d’exemple, il a invité à voir comment une campagne de communication sur la vocation sacerdotale pouvait s’ancrer dans la réalité des personnes qui peuvent visiter le site web.

- Un message court et drôle (qui renvoie à un lieu d’information plus détaillé) peut « dire » que le questionnement qui a conduit la personne sur ce site n’est pas « anormal ».

- La présentation de la formation, qui ne doit rien aux parcours universitaires ou des grandes écoles, ce qui pour beaucoup suscite l’étonnement, s’inscrit dans la tradition qui lie foi et raison et revalorise la formation.

- Montrer le prêtre comme un homme dans la société qui participe à la vie du monde et a une histoire.

 

Le contenu et la forme des messages et des images peuvent rejoindre ou non le visiteur du site dans ce qui fait sa vie. Dans le monde de la communication où nous baignons aujourd’hui, une mauvaise communication provoque l’inverse de l’effet recherché.

 

Au nom de l’UCESM, le P. Manuel Barbosa a remercié pour l’organisation de ce Congrès qui situait la Vocation au cœur de la nouvelle évangélisation et permettait d’approfondir l’appel à la nouvelle évangélisation.

S’appuyant sur des extraits du message final des différentes Assemblées Générales de l’UCESM, à Fatima (2006), Torhout (2008) puis Czestochowa (2010), il rappela combien le thème de l’Assemblée de Lourdes en 2012 « La vie comme Vocation » voulait aller à la racine des trois piliers de notre vie, que les précédentes Assemblées avaient voulu approfondir : la spiritualité, la vie communautaire et la mission comme espérance.

Il souligna combien ce thème de l’Assemblée 2012 de l’UCESM entrait en consonance avec le travail du Congrès EVS et répondait à l’urgence ressentie d’aller à « l’humus de notre humanité en Jésus Christ, à la radicalité de notre vie en tant que religieux et religieuses : la vie comme Vocation ». Il rappela enfin combien cette urgence était déjà s’inscrite dans le n° 81 de l’exhortation apostolique de Jean Paul II Vita Consecrata (15 mars 1996) qui a pour titre « La nouvelle évangélisation ».

(Les différentes interventions sont téléchargeables sur le site du Service européen des vocations : http://www.vocations.eu/)

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